Quelques poèmes

La united fruit Co.

Cuando sono la trompeta                           Lorsque la trompette sonna
Estuvo todo preparado en la tierra             Tout était déjà prêt sur terre.
Y jehova repartio el mundo                         Jéhovah répartit le monde
a Coca Cola Inc anaconda                         Entre Coca Cola, Anaconda,
Ford Motors y otras entidades                    Ford Motors et autres cartels :
La compania frutera Inc.                             La Compania Frutera
Se reservo lo mas jugoso                           Se réserva le plus juteux,
La costa central de mi tierra                       Le centre côtier de ma terre,
La dulce cintura de America                       La douce hanche américaine.
Bautizo de nuevo sus tierras                      Elle rebaptisa ses terres
Como Republicas bananas                        En « Républiques bananières »


Vegetaciones – Végétations

A las tierras sin nombres y sin números
bajaba el viento desde otros dominios,
traía la lluvia hilos celestes
y el Dios de los altares impregnados
de volvía las flores y las vidas.
En la fertilidad, crecía el tiempo.
El jacarandá elevaba espuma
Hecha de resplandores transmarinos.
La araucaria de lanzas erizadas
Era la magnitud contra la nieve.
El primordial árbol caoba,
desde su copa destilaba sangre;
Y al sur de los alerces,
El árbol trueno, el árbol rojo,
el árbol de la espina,
El árbol madre, el ceibo bermellón,
El árbol caucho,
Eran volumen terrenal, sonido,
Eran territoriales existencias.
Un nuevo aroma propagado
Llenaba, por los intersticios de la tierra,
Las respiraciones convertidas
en humo y fragancia:
El tabaco silvestre alzaba su rosal
de aire imaginario.
A las tierras sin nombres…
Sur les terres sans noms et sans chiffres
le vent d’autres domaines descendait,
la pluie apportait des cordons célestes
et le dieu des autels spongieux
restituait les fleurs et les vies.
Dans la fertilité, le temps croissait.
Le jacaranda s’élevait en une écume
de chatoiements bleu marine.
L’araucaria et ses lances hérissées
était la majesté contre la neige.
L’arbre primordial : l’acajou,
distillait du sang du haut de ses branches ;
Et au Sud des mélèzes,
l’arbre tonnerre, l’arbre rouge,
l’arbre épineux,
l’arbre matrice, le flamboyant vermillon,
l’arbre à caoutchouc,
étaient volume terrestre, étaient son,
existences territoriales.
Un nouveau parfum propagé
emplissait, par les interstices de la terre,
haleines et souffles mués
en arôme et fumée :
le tabac sauvage dressait son rosier
d’air imaginaire.
Sur les terres sans noms…

Algunas bestias – Quelques animaux

Era el crepusculo de la iguana.
Desde la arcoirisada cresteria
su lengua como un dardo
se hundia en la verdura,
el hormiguero monacal pisaba
con melodioso pie la selva,
el guanaco fino como el oxigeno
en las anchas alturas pardas
iba calzando botas de oro
mientras la llama abria candidos ojos
en la delicadeza del mundo lleno de rocio.
Los monos trenzaban un hilo
interminablemente erotico
en las riberas de l’aurora,
derribando muros de polen
y espantando el vuelo violeta
de las mariposas de Muzo.Era la noche de los caimanes,
la noche pura y pululante
de hocicos saliendo del legamo,
y de las cienagas sonolientas
un ruido opaco de armaduras
volvia al origen terrestre.
El jaguar tocaba las hojas
con su ausencia fosforescente,
el puma corre en el ramaje
como el fuego devorador,
mientras arden en el
los ojos alcoholicos de la selva.Los tejones rascan los pies del rio,
husmean el nido
cuya delicia palpitante
atacaran con dientes rojos.
Y en el fondo del agua magna
como el circulo de la tierra,
esta la gigante anaconda
cubierta de barros rituales,
devoradora y religiosa
C’était le crépuscule de l’iguane.
De sa crête arc en ciel
Sa langue tel un dard
S’enfonçait dans la verdure,
Le moine fourmilier foulait
D’un pied mélodieux la forêt,
Le guanaco fin comme l’oxygène
Dans les hauts espaces grisâtres
Chaussait des bottes d’or
Tandis que le lama ouvrait des yeux candides
Sur la délicatesse du monde couvert de rosée.
Les singes tressaient un fil érotique
Interminable
Sur les rivages de l’aurore,
Abattant des murs de pollen
Et effrayant le vol violet
des papillons de Boyaca.C’était la nuit des caïmans,
La nuit limpide où pullulaient
Les mâchoires hors de la vase,
Et du sommeil des marécages
Refluait un bruit sourd d’armures
Vers l’origine de la terre.
Le jaguar effleure les feuilles
De son absence phosphorescente,
Le puma court dans les branchages
Comme le feu dévorateur,
Dans ses yeux flambe
L’alcoolisme de la forêt.Les blaireaux grattent les pieds du fleuve,
Ils hument, reniflent le nid
Et son délice palpitant
Que leurs dents rouges attaqueront.
Et au fond de l’eau majestueuse,
voici le cercle de la terre,
l’anaconda géant
tout écaillé de boues rituelles,
dévorateur et religieux.

A mi partido – A mon parti

Me has dado la fraternidad
hacia el que no conozco.
Me has agregado la fuerza
de todos los que viven.
Me has vuelto a dar la patria
como en un nacimiento.
Me has dado la libertad
que no tiene el solitario.
Me enseñaste a encender la bondad,
como el fuego.
Me diste la rectitud que necesita el árbol.
Me enseñaste a ver la unidad
y la diferencia de los hombres.
Me mostraste cómo el dolor de un ser
ha muerto en la victoria de todos.
Me enseñaste a dormir en las camas duras
de mis hermanos.
Me hiciste construir sobre la realidad
como sobre una roca…
Tu m’as donné la fraternité
envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps
la force de tous ceux qui vivent.
Tu m’as redonné la patrie
comme par une autre naissance.
Tu m’as donné la liberté
que ne possède pas le solitaire.
Tu m’as appris à allumer,
comme un feu, la bonté
Tu m’as donné la rectitude qu’il faut à l’arbre.
Tu m’as appris à voir l’unité
et la variété de l’homme.
Tu m’as montré comment la douleur
de l’individu meurt avec la victoire de tous.
Tu m’as appris à dormir dans les durs lits
de mes frères.
Tu m’as fait bâtir sur la réalité
comme on construit sur une roche…

America insurrecta – L’Amérique insurgée

Nuestra tierra, ancha tierra, soledades,
se pobló de rumores, brazos, bocas;
Una callada sílaba iba ardiendo,
congregando la rosa clandestina,
hasta que las praderas trepidaron
cubiertas de metales y galopes.
Fue dura la verdad como un arado.
Notre terre, vaste terre, solitudes,
se peupla de rumeurs, de bras, de bouches.
Une syllabe muette qui brûlait
y rassemblait la rose clandestine,
jusqu’au jour où les prairies trépidèrent,
couvertes de métaux et de galops.
La vérité fut dure comme une charrue.
Rompió la tierra, estableció el deseo.
hundió sus propagandas germinales
y nació en la secreta primavera.
Fue callada su flor,
fue rechazada su reunión de luz,
fue combatida la levadura colectiva,
el beso de las banderas escondidas,
pero surgió rompiendo las paredes,
apartando las cárceles del suelo.
Elle rompit la terre, établit le désir,
enfouit ses propagandes germinales
et naquit durant le printemps secret.
Sa fleur fut silencieuse ;
repoussée sa gerbe de lumière,
combattus le levain collectif,
le baiser des drapeaux cachés,
mais elle surgit, lézardant les murs,
écartant les geôles du sol.
El pueblo oscuro fue su copa,
recibió la substancia rechazada,
la propagó en los límites marítimos,
la machacó en morteros indomables.
Y salió con las páginas golpeadas
y con la primavera en el camino.
Hora de ayer, hora de mediodía,
hora de hoy otra vez, hora esperada
entre el minuto muerto y el que nace,
en la erizada edad de la mentira.
Et le peuple obscur fut sa coupe,
il reçut la substance refoulée,
la propagea jusqu’aux limites de la mer,
il la pila dans des mortiers irréductibles.
Et il sortit avec ses pages martelées
et avec le printemps sur le chemin.
Heure d’hier, heure méridienne,
heure à nouveau d’aujourd’hui,
heure attendue entre la minute morte
et celle qui naît à l’âge hérissé du mensonge.
Patria, naciste de los leñadores,
de hijos sin bautizar, de carpinteros,
de los que dieron como un ave extraña
una gota de sangre voladora,
y hoy nacerás de nuevo duramente,
desde donde el traidor y el carcelero
te creen para siempre sumergida.
Patrie, tu fus engendrée par les bûcherons,
par les enfants non baptisés, les charpentiers,
par ceux-là qui donnèrent,
tel un oiseau étrange, une goutte de sang ailé,
et aujourd’hui tu vas renaître durement,
de ce lieu où le renégat et le geôlier
te croient à jamais submergée.
Hoy nacerás del pueblo como entonces.
Hoy saldrás del carbón y del rocío
Hoy llegarás a sacudir las puertas
con manos maltratadas, con pedazos
de alma sobreviviente, con racimos
de miradas que no extinguió la muerte,
con herramientas hurañas
armadas bajo los harapos.
Aujourd’hui comme alors, tu vas renaître du peuple.
Tu vas sortir du charbon, de la rosée.
Tu vas venir secouer les portes
avec de mains meurtries,
des bribes d’âme survivante,
des grappes de regards
que la mort n’a pas éteintes, avec aussi de durs outils
armés sous les haillons.

Los libertadores – Les libérateurs

Aquí viene el árbol, el árbol
de la tormenta, el árbol del pueblo.
De la tierra suben sus heroes
como las hojas por la savia,
y el viento estrella los follajes
de muchedumbre rumorosa,
hasta que cae la semilla
del pan otra vez a la tierra.
Aquí viene el árbol, el árbol
nutrido por muertos desnudos,
muertos azotados y heridos,
muertos de rostros imposibles,
empalados sobre una lanza,
desmenuzados en la hoguera,
decapitados por el hacha,
descuartizados a caballo,
crucificados en la iglesia.
Voici venir l’arbre, c’est l’arbre
de l’orage, l’arbre du peuple.
Ses héros montent de la terre
comme les feuilles par la sève,
et le vent casse les feuillages
de la multitude grondante,
alors la semence du pain
retombe enfin dans le sillon.
Voici venir l’arbre, c’est l’arbre
nourri par des cadavres nus,
des morts fouettés et estropiés,
des morts aux visages troublants
empalés au bout d’une lance,
recroquevillés dans les flammes,
décapités à coups de hache,
écartelés par les chevaux
ou crucifiés dans les églises.